mercredi 17 juin 2009

Le rallye métro-bars déménage

Afin de cesser la pollution éhontée de ce site (supposé être consacré au transport en commun et à la politique municipale), les comptes-rendu du Rallye métro-bars seront dorénavant publiés sur un site consacré expressément à ce projet: http://metrobars.blogspot.com

Mon collègue Raton et moi continueront à vous divertir avec les mésaventures que cette activité nous emmènent à vivre.

Notez que le nom du projet change par la même occasion pour devenir la Mission métro-bars, puisque en fait, ce n'est pas un rallye. Ça sonnait juste bien. Mais ça devient confondant.

Notez que les archives métro-bars ont également été transportées vers ce nouveau site.

jeudi 4 juin 2009

Vision Montréal redevient pertinent

Au moins une des prédictions que j'ai faites il y a quelques mois s'est avérée juste. Benoit Labonté ne sera pas candidat à la mairie en novembre prochain. Louise Harel qui évaluait ses appuis depuis plusieurs mois a finalement trouvé le véhicule politique qu'elle emprunterait pour la mener à l'Hôtel de ville. Elle prend les rênes de Vision Montréal.

En un sens, c'est un plus pour Benoit Labonté. On dit de l'homme qu'il est très égocentrique et qu'il ne travaille que pour lui-même. Il veut le pouvoir et son court séjour à la tête de Vision Montréal aura démontré qu'il a de la difficulté avec le travail d'équipe. Plusieurs élus et employés du parti ont claqué la porte depuis sa nomination comme chef. Maintenant, c'est une nouvelle chef qui aura la tâche de mobiliser une équipe et de se montrer la face sur des panneaux publicitaires. De son côté, Benoit Labonté n'a qu'à se présenter dans un district gagné d'avance et il est promis au poste du président du comité exécutif de la Ville si Louise Harel est élue mairesse. Vous savez, le poste que Frank Zampino avait... C'est un pouvoir d'influence très, très appréciable.

Maintenant, au-delà du fait que Vision Montréal est le parti dont la structure, le potentiel et les ressources ont le plus de chances de permettre de battre Gérald Tremblay, Louise Harel saura-t-elle ralier ses appuis potentiels derrière ce parti? Qu'a-t-elle en commun avec eux? Une volonté de centraliser les pouvoirs. Louise Harel crie haut et fort (avec raison) que Montréal est ingouvernable avec 19 arrondissements qui ont pratiquement autant de pouvoir que des villes (et qui en fait, ont plus de pouvoir que les villes défusionnées sur l'Île de Montréal). Elle veut ramener les pouvoirs à la ville centre. Voilà ce qu'elle propose.

D'accord. Maintenant, quoi d'autre? Aux dernières nouvelles, Vision Montréal a voté contre le Plan de transport, appuyait les commerçants du centre-ville qui demandent de réduire les heures d'application des parcomètres, n'appuyait pas le développement des infrastructures de transport en commun et proposait de revoir le mode de gouvernance et d'exploitation du transport en commun en ouvrant la porte à la privatisation. Bref, ce parti est 20 ans en arrière en matière de transport.

Par idéologie ou simplement par partisanerie, pour se différencier du parti de Gérald Tremblay? Les prochains mois nous le diront.

Si la candidature de Louise Harel a probablement soufflé un vent de panique au bureau du maire Tremblay, qui s'enlignait autrement vers une victoire facile, l'importance de la menace sera évaluée une fois que Vision Montréal aura une véritable plateforme politique. Outre une révision de la gouvernance de Montréal, que propose le parti de Louise Harel?

En pleine année électorale, le Plan de transport commence à faire des petits. Le métro passe plus souvent, une voie réservée pour autobus est en construction sur le boulevard Saint-Michel, les nouvelles pistes cyclables poussent un peu partout et les vélos en libre-service Bixi font notamment redécouvrir ce mode de transport à ceux qui ne l'avaient pas utilisé depuis 15 ans (moi le premier).

Une administration Harel-Labonté mettra-t-elle un frein à cet élan, pour mieux se concentrer à discuter de gouvernance avec le gouvernement du Québec?

L'idée qu'une souverainiste accède à la mairie de la plus grande ville au Québec n'est pas banale. Le monde municipal est essentiellement un monde de libéraux. Mais il y a encore trop de points d'interrogations dans le portrait pour qu'on puisse évaluer la valeur de sa candidature. Gérald Tremblay doit la confronter sur le thème du transport. Le bilan du maire Tremblay à ce niveau est respectable. Et elle, doit traîner des positions rétrogrades, mal élaborées et peu documentées. Vivement un congrès de Vision Montréal à la fin août, afin que ce parti se dote d'une plateforme et afin de lancer pour de vrai la campagne électorale.

***

Un dernier mot sur l'hypothèse d'une union entre Vision Montréal et Projet Montréal, pour bloquer la route au maire Tremblay. Ça ne fait que prouver que Vision Montréal n'a pas de programme sérieux. En matière de transport et de gouvernance, ils sont à 1000 années-lumière de Projet Montréal. Ces derniers n'ont que les mots «tramway» et «démocratie participative» en bouche, alors que Vision Montréal ne trippe pas trop transport en commun et parle de centralisation des pouvoirs.

S'unir avec Projet Montréal n'aurait qu'un avantage pour Louise Harel: éliminer un compétiteur. Pour le reste, elle sait qu'ils ne feront probablement élire pas plus de 2 ou 3 conseillers. Mais ce seront des conseillers qui n'auront pas fait campagne contre elle.

Ce mariage improbable n'arrivera pas.

***

André Lavallée, le responsable du transport à la Ville et bras droit de Gérald Tremblay est un souverainiste qui a déjà travaillé pour Louise Harel, alors qu'elle était ministre. Fera-t-il le saut pour aller la rejoindre? Sa réponse a été approximativement ceci: «Jamais de la vie! Ils ont voté contre mon Plan de transport!».

Ça fait au moins une bonne nouvelle pour Gérald Tremblay cette semaine.

vendredi 29 mai 2009

Un téléphérique? Ou une maladroite tentative d'escroquerie...

La nouvelle a commencé à être abordée dans les médias nationaux depuis une semaine ou deux. Pourtant, le projet est «sur la table» depuis quelques mois déjà. Un consortium suisse faisant affaire au Québec sous le nom Skylink propose de construire un téléphérique reliant le Vieux-Port de Montréal, l'Île Notre-Dame et dans une deuxième phase le Parc Riverside à Saint-Lambert.

Aux dires du promoteur, ce projet est une extraordinaire opportunité de développement économique pour la région et une formidable solution durable pour désengorger les ponts de la Rive-Sud à l'heure de pointe. En parcourant le site de Skylink, on entre effectivement dans un univers surréaliste de superlatifs et de phrases charmeuses absolument vides de contenu. Un argumentaire sans argument.

Le projet est effectivement de relier, par téléphérique, dans les airs, le Vieux-Port de Montréal et l'Île Notre-Dame, dans un premier temps. Un système de transport en commun absolument incroyable qui attirera sûrement des dizaines de miliers de touristes.

Dans un deuxième temps, l'idée est de prolonger le téléphérique jusqu'au Parc Riverside à Saint-Lambert, afin d'offrir une alternative écologique à l'utilisation de l'automobile.

La description polie du projet s'arrête ici. Parce que c'est complètement ridicule. Vous vous souvenez de l'épisode des Simpson où un promoteur excentrique et mal intentionné propose de construire un monorail à Springfield, alors qu'ils n'en ont pas besoin? C'est exactement la même chose qui arrive ici.

Tout d'abord, parce qu'un système de transport en commun centre-ville/les îles/Rive-Sud existe déjà. C'est la ligne jaune du métro, qui fait très bien son travail et qui n'a pas encore atteint saturation. C'est-à-dire que plus de gens peuvent l'utiliser sans qu'il ne manque de place où de trains. Le métro permet d'atteindre le coeur des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame en 3 minutes à partir de Berri-UQAM, le coeur du réseau de transport en commun de la métropole, et de se rendre au Terminus Longueuil si on est prêt à investir 2 minutes de plus.

Créer un système parallèle géré par une compagnie privée, qui entrerait en compétition avec la ligne de métro, serait complètement inutile, en plus d'être carrément illégal, en vertu de la Loi sur les sociétés de transport en commun. Le besoin n'est pas là, en plus du fait que la performance et l'attractivité d'un téléphérique comme système de transport en commun sont loin d'avoir été démontrés. Sans compter que le coût prévu d'un aller-retour est de 10$... investi directement dans les poches d'une compagnie privée, plutôt que 2,75$ investi dans notre réseau public.

De plus, les promoteurs du projet entendent construire un stationnement souterrain de 2000 places à Saint-Lambert afin d'attirer d'éventuels navetteurs dans leur système. Décidément, ce projet a tout ce qu'il y a de plus improvisé. Si on connaît le moindrement le secteur, on sait que la dernière chose que Saint-Lambert a besoin, c'est de 2000 voitures par jour qui transitent par cette petite ville où tout est à distance de marche, où le transport en commun est abondant et où une gare de trains, en plein coeur de la ville, permet de se rendre à la Gare centrale de Montréal en 15 minutes!

Une telle ville a-t-elle besoin d'attirer 2000 voitures dans ses rues? Et surtout, a-t-elle besoin d'un téléphérique qui emmènera les gens sur les quais du Vieux-Port? Rendu là, on fait quoi? Oui, on peut marcher 10 minutes pour nous rendre au centre-ville et dans le métro. Mais comparé au métro Longueuil qui nous mène à Berri-UQAM en 5 minutes et au train de banlieue qui nous mène à la Gare centrale en 15 minutes, une cabine aérienne qui nous dépose dehors à -30 degrés Celsius sur les quais du Vieux-Port apparaît vraiment comme une extravagance complètement absurde qui n'a qu'un seul objectif: enrichir son promoteur, au détriment d'une ville en manque de projets grandioses.

Oui, Montréal a besoin de projets structurants. Mais heureusement, j'ai confiance que nos institutions, la communauté et les décideurs sauront remettre ces promoteurs à leur place pour qu'ils comprennent qu'on n'est pas une bande de ploucs à qui on peut vendre n'importe quel projet inutile... comme le monorail dans Les Simpson. Surtout au niveau du transport en commun, on sait ce dont on a besoin, nos priorités sont connues et on s'en occupe très bien nous-mêmes, merci.

lundi 4 mai 2009

Saint-Lambert: C'est OUI, mais non...

C'est possiblement l'un des pires résultats qu'on pouvait imaginer. Au référendum sur la refonte du règlement d'urbanisme à Saint-Lambert, le OUI l'a emporté par 53% des voix. Non seulement cette majorité est très faible, mais dans les secteurs touchés par les modifications de zonage proposées, c'est le NON qui a prédominé, avec 65% à 70% des voix, selon MédiaSud.

Comme trop souvent un peu partout, c'est encore l'intérêt personnel des électeurs qui a motivé le choix politique de ces derniers. Dans les quartiers touchés, on a craint la possibilité que des immeubles de 6 à 8 étages voient le jour près de chez soi (ce que le nouveau plan d'urbanisme permet). De l'autre côté de la ville, on a apparemment été séduit par l'idée de voir le parc résidentiel de la municipalité grandir. Ce qui serait tout de même exceptionnel, puisqu'il ne reste pratiquement aucun terrain non-développé sur le territoire municipal. Conséquence de cette arrivée possible de nouveaux résidants: une réduction très hypothétique des taxes municipales, causée par une augmentation de nombre de payeurs de taxes.

C'est du moins l'analyse qui ressort des principaux commentaires publiés par les médias en ce lendemain de veille référendaire. Et c'est pour ça que je dis que c'est l'un des pires résultats qui auraient pu arriver. Parce que le plan contesté verra le jour, grâce au vote de quelques 400 personnes de plus, qui ont contrebalancé le vote des résidants riverains aux éventuels futurs édifices géants.

Si le NON l'avait emporté, au moins une démarche plus consensuelle et inclusive aurait pu mener à l'élaboration d'un plan modifié. Et si le OUI l'avait emporté d'une façon plus convaincante, le message aurait été clair. Et le débat serait clos.

Aujourd'hui, non seulement 47% de la population de Saint-Lambert craindra de voir le visage de leur ville défiguré, mais un clivage s'est dessiné entre les 2 grands secteurs de la ville. Un clivage déjà amer et difficile à avaler. Parce qu'il se traduit par l'application d'un plan d'urbanisme très contesté.

Maurice Giroux du Point Sud m'a devancé ce matin en avançant la même idée que j'ai eue. La prochaine élection municipale sera l'occasion pour les forces politiques en présence à Saint-Lambert à s'organiser et présenter des équipes complètes aux élections municipales. Comme l'écrit M. Giroux, «les Lambertois [sont] maintenant mûrs pour des partis politiques». Je le pense aussi.

L'idée n'est pas de refaire le débat sur ce plan d'urbanisme. Cette question, c'est passé. Le débat a déjà été fait. Peut-être pas aussi bien qu'il l'aurait fallu (surtout s'il est vrai que le camp du OUI a dépensé 50 000$ pendant la campagne référendaire, notamment en louant un grand local en pleine rue Victoria, alors que le camp du NON aurait dépensé 3000$), mais il a été fait.

L'idée serait plutôt de proposer des visions complètes, cohérentes et jumelées avec un plan d'action clair qui pourrait unir toute la ville derrière un même projet. Ce que peuvent faire des partis politiques. Et ce à quoi ne peuvent aspirer des candidats indépendants ne représentant qu'un district. En 2009, la richesse du débat politique à Saint-Lambert est telle que l'avènement de partis politique est justifiée et nécessaire.

Pour plus d'infos sur les résultats d'hier soir, lisez:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/200905/04/01-852905-saint-lambert-le-maire-finn-gagne-son-pari.php

http://www.mediasud.ca/nouvelle.php?id=1480

http://www.mediasud.ca/nouvelle.php?id=1484

http://lesaintlambertmag.canoe.ca/webapp/sitepages/content.asp?contentid=94194&id=831

http://www.pointsud.ca/fr/Colone-Maurice/La-Colonne-MAURICE.html

vendredi 1 mai 2009

Le Gérald'savait pas

Je pense qu'on peut affirmer sans trop de risque de se tromper que mon implication dans ce site est inversement proportionnelle à l'intérêt que les médias nationaux portent à la politique municipale. Comment expliquer, en effet, que j'ai n'aie rien eu à dire depuis des semaines sur le sujet, alors que l'administration de Gérald Tremblay commence à puer la gangrène à un point tel qu'un gros nuage sale de plus en plus épais semble faire ombrage à tout le territoire montréalais, de Pierrefonds à Pointe-aux-Trembles.

Pour répondre à la question, disons que ce site est plus un passe-temps qu'une véritable vocation. Quand j'ai du temps libre, j'y consacre un peu de temps. Si j'ai autre chose à faire, je fais autre chose. Fin de la paranthèse.

Le Gérald'savait pas est un nouveau type de politicien sympathique concocté par les conseillers en image du maire Tremblay qui consiste à réagir de la même façon que le ferait le citoyen moyen, face à des scandales politiques. Dire que ça n'a pas d'allure et que si j'avais su, j'aurais été pas content.

Face aux histoires extrêmement croches qui lient dangereusement l'administration montréalaise à toutes sortes d'intérêts privés (voire mafieux!) égoïstes, sans scrupules et bons pour la prison, Gérald Tremblay réagit comme un citoyen ordinaire: «Hein?! Pour vrai? Ben voyons! J'ordonne une enquête!»

Oui, messieurs, dames les conseillers en image, une réaction comme ça fait paraître le maire Tremblay comme responsable et intègre. Mais cette carte-là s'essoufle. Trouvez vite une stratégie «phase 2» parce que le «je le savais pas» ne fera pas survivre Gérald Tremblay une autre semaine.

Ce matin, les chroniqueurs de La Presse étaient unanimes. Gérald Tremblay doit démissionner. Il n'a plus le contrôle de son Hôtel de Ville. Et peut-être ne l'a-t-il jamais eu. La gangrène est pognée et il faut faire le ménage.

Soit. C'est une opinion qui se défend fort bien. Parce qu'en effet, les récentes révélations (qui ne sont toujours pas contestées, au contraire!) confinent Gérald Tremblay a l'un des deux rôles suivants: le maire qui n'est au courant de rien, qui ne contrôle rien, qui est même contrôlé par quelques-uns de ses collègues et fonctionnaires. Ce maire-là doit sérieusement reprendre les choses en main, faire le ménage, mettre son poing sur la table et affirmer son leadership.

Ou l'autre option, c'est que Gérald Tremblay était au courant des magouilles. Qu'il était complice. Alors là, il aurait clairement menti à la population en affirmant le contraire. Et pire, il aurait trahi les Montréalais en utilisant ses pouvoirs pour avantager des amis de son parti, au détriment des Montréalais. C'est courant en politique, vous allez me dire.

Certes, mais on ne parle pas ici de donner à son ami qui a une compagnie d'imprimerie le contrat d'imprimer des drapeaux du Canada pour innonder le Québec de propagande fédéraliste, comme dans le cas du scandale des commandites. On parle de soustraire un organisme paramunicipal de ses obligations de transparence en le privatisant (le cas de la SHDM) et ensuite l'utiliser pour effectuer des transactions frauduleuses impliquant plusieurs millions de dollars. Comme celle-ci: la SHDM achète un à la Ville un terrain valant 14 millions $, mais elle ne paye que 5 millions$. Hum. Quelques jours plus tard, elle revend le même terrain à un promoteur ami pour... 1$.

C'est pour ça que les vérificateurs qui se sont penchés sur ces bizarres histoires de magouilles ont décidé de remettre ça entre les mains de la police. C'est grave à ce point-là.

Ceci dit, depuis le début du scandale, Gérald Tremblay semble tout de même avoir bien agi. Il a demandé des comptes, commandé des enquêtes (qui ont porté fruit!) avec lesquelles il collabore. Mais il apprend les scandales en même temps que les journalistes! Et il ne cesse de réitérer sa confiance envers ses fonctionnaires suspects, malgré les nombreuses révélations des journalistes. Vous n'avez aucun doute sur eux, monsieur Tremblay? Ils vont rentrer travailler lundi comme si de rien n'était? Un petit congé forcé, le temps que l'enquête suive son cours, ça ne ferait pas un bon petit ménage, vous pensez?

On peut lui reprocher ces détails, mais peut-on sauter si rapidement aux conclusions et demander sa démission? S'il est le seul haut placé à ne pas être croche dans cette histoire, veut-on à ce point s'en débarasser? Par qui sera-t-il remplacé? Un des croches de son parti?

Les opposants à Gérald Tremblay à l'intérieur de son parti auraient voulu organiser un putsch qu'ils n'y se seraient pas pris autrement. Trois chroniqueurs de La Presse qui, en même temps, réclament sa démission, ça sonne faux aussi. On dirait que Pierre-Marc Johnson ou quelqu'un d'autre, qui veut prendre la place du maire Tremblay, tire quelques ficelles là-dedans.

Parce que si jamais quelqu'un est intéressé à devenir maire de Montréal en 2009, personne n'a envie de se lancer tout bonnement dans une campagne électorale contre Gérald Tremblay (le gentil monsieur naïf), Benoit Labonté (le pitbull insignifiant) et Richard Bergeron (l'illuminé obsessif). Ça fait trop de monde, trop d'adversaires, trop d'enjeux, trop de bla bla.

Le départ de Gérald Tremblay, en revanche, créerait un vide à combler. Le «maire par défaut», qui risque encore fort bien d'être réélu en novembre, ne serait plus dans le portrait. La porte serait grande ouverte, avec tapis rouge, pétales de roses et couronne de lauriers, pour un nouveau visage qui dégage une passion et qui a vraiment envie de devenir maire de Montréal.

On fait un pool. Qui va se présenter? Louise Harel? André Lavallée? Mario Dumont? Je vote pour Pierre-Marc Johnson.

mercredi 8 avril 2009

La minute de gloire de Benoit Labonté

Il faut dire que notre politicien préféré est choyé ces jours-ci. La machine à scandale laisse tomber des tuiles, des briques et des 2x4 à chaque jour sur la tête de Gérald Tremblay. Au pouvoir depuis 8 ans, son administration commence à apparaître de plus en plus usée et.... corrompue?

Dans un tel contexte, Benoit Labonté a le beau rôle. Il dénonce les scandales, oblige Gérald Tremblay à se commettre, à discréditer les actions de ses alliés et se présente comme le grand défenseur de l'intégrité et de la transparence. Bref, il fait parler de lui. Il se fait un nom, il se montre la face pour que rendu en septembre, en pleine campagne électorale, quelqu'un l'écoute lorsqu'il parlera.

Aux dernières nouvelles, Gérald Tremblay était sur la voie de remporter haut la main les élections du 1er novembre pour entâmer un troisième mandat en 2010. Mais tout à coup, ça commence à chauffer. Et je pense que Gérald aurait bien aimé que les élections se tiennent la semaine passée. Il regarde son calendrier et dit «ouch!». 7 mois, c'est long...

7 mois, ça donne énormément de temps aux journalistes de se tanner de sa face, ça donne énormément de temps à Benoit Labonté de spinner ses attaques contre certaines décisions douteuses de l'administration Tremblay. Et ça donne amplement le temps aux citoyens de se rendre compte que le Plan de transport de Montréal, on n'en verra pas beaucoup de concret avant longtemps.

La stratégie de Gérald Tremblay pour cette élection a été de faire adopter des plans et des politiques, de donner l'impression que tout plein de projets sont sur le point de se réaliser, qu'ils commencent même à se réaliser. Et dès l'élection passée, il aura un autre 4 ans pour respirer, pour laisser son administration et ses fonctionnaires prendre leur temps.

À entendre parler Gérald Tremblay, demain matin, on aura le train de l'est, l'autoroute Notre-Dame, un nouveau CHUM, un nouveau quartier Griffintown, un nouvel échangeur Turcot, 7 nouvelles stations de métro, un tramway, 240 km de voies réservées pour autobus et un système de déneigement qui déneige avant qu'il neige.

En fait, la seule chose qui est prévue se réaliser avant les élections, c'est le système de vélos en libre-service Bixi, qui sera disponible dès mai (si je ne me trompe pas). Ça, j'ai hâte de voir. Surtout qu'il paraît que les systèmes semblables en Europe sont aux prises avec beaucoup de problèmes de vandalisme sur les vélos. J'ai hâte de voir ce que ça donnera à Montréal.

Bref, pour dissiper cette impression de «y'a rien qui avance, finalement», qui risque de grossir dangereusement d'ici le 1er novembre, ça prendrait une grosse annonce. Quelque chose de concret. Maintenant. Rapidement. Qui surprendrait un peu tout le monde. Pas quelque chose comme le financement d'études d'avant-projet pour le tramway. Non, quelque chose comme le prolongement de la ligne bleue du métro jusqu'à Pie-IX / Jean-Talon. Une station, c'est pas si pire. Le contracteur retenu détiendra une option sur la suite du prolongement, jusqu'à Anjou, s'il fait bien sa job, dans les délais et dans le budget prévu.

Une première pelleté de terre cet automne et une ouverture en 2011.

Allez Gérald, un petit effort. Sinon, les scandales te rattraperont. Et Benoit Labonté va vraiment commencer à se faire connaître.

Saint-Lambert: au tour du OUI d'afficher ses couleurs

La campagne référendaire est bel et bien enclenchée à Saint-Lambert. Le débat a levé et des arguments intéressants sont entendus du côté de chacun des camps. Le débat s'est même déplacé jusqu'ici, suite à mon article d'il y a quelques jours sur le sujet.

On apprenait donc ce matin via Point Sud que le comité du OUI avait nommé son président, Martin Boyer, et qu'ils avaient l'intention de convaincre leurs concitoyens des bienfaits du plan d'urbanisme proposé pour le développement et la revitalisation de certains secteurs de Saint-Lambert.

Ce référendum est étrange, puisqu'il ne s'agit pas seulement d'être pour ou contre un certain plan d'urbanisme. Pour chaque camp, il s'agit en fait de positionner le débat autour d'un enjeu plus vaste que celui dont fera mention la question référendaire.

Du côté du NON, ce référendum est pratiquement le procès de l'administration du maire Sean Finn. Le plan d'urbanisme est dénoncé, oui, mais tous les scandales mis au jour depuis 1 an notamment par le Comité Saint-Lambert Vert (vente de terrains municipaux, bail du Country Club, limitation du recours à la Loi sur l'accès à l'information) sont vivement rappelés afin de gonfler les rangs d'une opposition de plus en plus puissante.

Du côté du OUI, la question de ce référendum est: pour ou contre le développement? On a des terrains pratiquement à l'abandon, qui ne demandent qu'à être développés. Voulez-vous les laisser tel quels ou en faire de nouveaux projets résidentiels?

Avant donc le débat sur la question référendaire, le camp gagnant sera celui qui remportera la guerre de l'agenda public. Quel débat fait-on? Le procès de l'administration Finn ou le procès du développement résidentiel à Saint-Lambert?

Bien sûr, il y a des nuances partout. Mais qui saura imposer sa vision du dossier saura occuper, avec l'option qu'il défend, le «bon» côté du débat.

Ouais, il s'en passera des choses d'ici le 3 mai. Ça vaut la peine d'aller passer un samedi après-midi ensoleillé à Saint-Lambert d'ici là, histoire de prendre le pouls de ce qui se passe... et de relaxer sur une terrasse en passant.

Erratum: le RTL s'étend à Saint-Bruno

J'affirmais il y a plusieurs semaines que le territoire de Saint-Bruno était desservi par le RTL en vertu d'un appel d'offres lancé par l'Agence métropolitaine de transport que la société de transport longueuilloise avait remporté, contre des compagnies privées. Or, c'est complètement erroné.

Même si un tel processus de compétition entre des compagnies privées et des sociétés publiques de transport en commun existe bel et bien, comme dans le cas de la ligne 90- Express Chevrier, le cas de Saint-Bruno est différent.

Suite aux fusions municipales de 2001, le RTL est devenu responsable de desservir le territoire de Saint-Bruno. Or, l'ancienne Ville de Saint-Bruno avait un contrat avec la compagnie Véolia pour sa desserte en transport en commun. Le RTL a été contraint d'honorer ce contrat avant de pouvoir assumer pleinement ses rôles et responsabilités dans la ville de Saint-Bruno, ce qu'elle fait enfin depuis le début du mois. Ainsi donc, le territoire d'intervention du RTL vient de s'étendre, au plus grand bénéfice des résidants de cet endroit.

Voyez le détail de la nouvelle, sur le site web du RTL.